Le 8 Mars : Fête ou Combat ?
Redonner du sens à la Journée Internationale des Droits des Femmes.
« Lorsqu’une femme s’éveille, c’est une civilisation entière qui s’élève. » Proverbe africain
Le monde s’apprête à célébrer une nouvelle fois le 8 mars, cette journée consacrée aux droits des femmes. Des rues aux salles de conférence, des places publiques aux écrans illuminés par des hashtags engagés, l’on se souviendra des pionnières, de celles qui ont bravé l’interdit, celles qui ont osé revendiquer, celles qui ont sacrifié leur vie pour qu’un jour, naisse l’espoir d’un monde où être femme ne serait plus un combat, mais une évidence respectée.
Et pourtant, que reste-t-il aujourd’hui du 8 mars ? Le bruissement des étoffes nouvellement cousues, les éclats de rire dans les marchés où les femmes choisissent leurs uniformes, les tables dressées où certaines attendent des présents, des fleurs, des hommages. Loin des rues où résonnaient jadis les cris de révolte, loin des tribunaux où se signaient des victoires arrachées dans la douleur, le 8 mars semble, dans certains endroits du monde, avoir troqué sa solennité pour une douce illusion.
Avons-nous oublié les véritables fondements du 8 mars ?
Les femmes ont-elles enfin obtenu ce pour quoi elles se sont battues ?
Ou ne sommes-nous que les héritiers distraits d’un héritage dont nous avons perdu le sens ?
- Un Combat Séculaire : Des Flammes aux Braises
L’histoire des femmes est une histoire de silence brisé.
Dans l’ombre des empires et des républiques, elles ont d’abord été des spectatrices de l’histoire des hommes. Puis, lentement, dans un souffle d’audace, elles ont écrit la leur.
En 1857, des ouvrières new-yorkaises descendaient dans la rue pour exiger un salaire juste et de meilleures conditions de travail. En Europe, des figures comme Olympe de Gouges et Simone de Beauvoir ont donné leur voix à celles que l’on réduisait au silence. En Afrique, des femmes comme Marie Koré ont défié la colonisation et l’oppression avec la force d’un ouragan.
Chaque décennie a apporté son lot de victoires : le droit de vote, le droit à l’éducation, le droit à l’autonomie financière, le droit de disposer de son corps. Chaque avancée a été une pierre posée sur le chemin de l’égalité.
Mais qu’en est-il en 2025 ? Ce chemin est-il achevé ? La femme est-elle enfin l’égale de l’homme dans toutes les sphères de la société ?
- Des Victoires Fragiles et des Inégalités Persistantes
Si l’on observait la carte du monde à travers le prisme des droits des femmes, on verrait une mosaïque inachevée, un tableau où certaines couleurs sont éclatantes et d’autres, ternies par les ombres de l’injustice.
- Dans le monde du travail, l’inégalité salariale persiste. À compétence et responsabilité égales, les femmes gagnent encore en moyenne 20 % de moins que les hommes. Le plafond de verre n’a pas disparu, il s’est simplement épaissi sous des prétextes plus subtils.
- Dans la sphère politique, si certaines femmes accèdent au pouvoir, elles restent minoritaires. Les grandes décisions de ce monde sont encore prises, pour la plupart, dans des cercles masculins où l’ambition féminine est perçue comme une anomalie.
- Dans les foyers, la charge mentale et le travail domestique restent majoritairement féminins. Une femme travaille deux fois : à l’extérieur pour son indépendance, à l’intérieur pour maintenir un équilibre que l’on considère toujours comme une responsabilité féminine.
- Dans le corps et l’âme des femmes, les violences perdurent. Chaque jour, des milliers de femmes subissent des violences conjugales, des agressions sexuelles, des mutilations. Dans certaines régions du monde, le simple fait de naître femme est un risque.
Alors, que fête-t-on réellement le 8 mars ? La fin de la lutte ou l’illusion du progrès ?
III. Le Détournement du 8 Mars : Une Célébration sans Combat ?
Il fut un temps où le 8 mars était une journée de revendication. On marchait, on brandissait des pancartes, on dénonçait, on dérangeait. Aujourd’hui, dans certains pays, c’est devenu un jour où l’on offre des fleurs aux femmes, où l’on s’échange des messages empreints de tendresse, où l’on coud des uniformes chatoyants.
Peut-être avons-nous confondu hommage et complaisance. Peut-être avons-nous oublié que le 8 mars n’est pas un anniversaire, mais une piqûre de rappel. Ce jour ne devrait pas être une fête, mais une pause dans le tumulte du monde pour mesurer le chemin parcouru et celui qu’il reste à arpenter.
Si le 8 mars se vide de son essence, alors c’est que nous avons trahi celles qui nous ont précédées. C’est que nous avons laissé la mémoire s’effacer sous les artifices de la célébration.
- Ce qu’il Reste à Faire : Allumer la Flamme à Nouveau
Le 8 mars ne doit pas être un point d’arrivée, mais un point de départ renouvelé chaque année. Il y a encore tant à faire :
- Lutter pour une égalité salariale réelle, non pas en théorie, mais en pratique.
- Permettre aux femmes de briser tous les plafonds de verre, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux.
- Protéger chaque femme contre les violences, en s’assurant que justice soit rendue et que l’impunité cesse.
- Donner aux petites filles de tous les continents l’accès à l’éducation, à l’émancipation, à l’espoir.
L’histoire nous regarde. Elle attend de nous que nous soyons les gardiens du flambeau, ceux qui refusent que la mémoire s’éteigne.
- Conclusion : Rendre au 8 Mars sa Véritable Signification
Le 8 mars est-il un mythe ou une réalité en 2025 ? Il est les deux à la fois. Un mythe lorsque nous en faisons une journée d’apparat et d’oubli. Une réalité lorsque nous en faisons un rappel de notre responsabilité collective.
Nous devons rendre au 8 mars son souffle originel. Il ne doit pas être un jour de repos pour les consciences, mais un jour d’éveil, un jour où les femmes du monde entier se lèvent et disent : « Nous ne sommes pas des pagnes que l’on offre une fois par an. Nous sommes des flammes que rien ne doit éteindre. »
Que chaque 8 mars soit une promesse renouvelée : celle de ne jamais nous contenter du peu, celle de toujours vouloir plus, non pas pour dominer, mais pour équilibrer. Non pas pour revendiquer, mais pour être reconnues, pleinement et entièrement, comme les actrices essentielles d’un monde qui ne saurait avancer sans elles.
Alors oui, offrons-nous un 8 mars digne de son héritage. Un 8 mars où l’on se souvient que la lutte est loin d’être terminée. Un 8 mars où l’on refuse de s’endormir sur des victoires incomplètes.
Un 8 mars où l’on marche, où l’on crie, où l’on écrit, où l’on dérange. Parce que le monde ne change pas avec des hommages, mais avec des actions.
Auteur : Colonel Moulaye Dao
21 Responses
moi je pense que le 8 Mars doit être un jour de combat de la femme car ces ce qui est derrière l’histoire du 8 Mars les femmes doivent se lever et poser leurs préoccupations au monde entier de de s’attendre à un Don de cadeaux ou de fleurs ( look de la joie (
Tres bonne reponse, les femmes sont devenues paresseuses et elles ne veulent plus rien faire que d’attendre les cadeaux et les pagnes alors que leur combat est encore long.
La journée du 08 mars me rappelle la chance que j’ai de vivre dans un pays où les femmes ont acquis des droits égaux à ceux des hommes.
En cette journée internationale des femmes nous honorons les femmes et des filles du monde entier et nous saluons les résultats qu’elles ont obtenus dans la lutte pour l’égalité.
Bonne reponse mais il reste encore du boulot
Waooooo C’est fort ça « Nous ne sommes pas des pagnes que l’on offre une fois par an. Nous sommes des flammes que rien ne doit éteindre. »
cette citation rappelle que les femmes ne sont pas de simples destinataires de gestes ponctuels, mais des êtres de force, de résilience et de transformation sociale – des “flammes” qui doivent brûler en permanence pour éclairer et réchauffer, et non être éteintes par l’oubli ou l’indifférence
Elle invite donc à aller au-delà des symboles et à s’engager concrètement pour les droits des femmes, tous les jours et dans tous les domaines.
Merci pour cette annonce riche en connaissances
🙏🏽🙏🏽🙏🏽
Tout est ainsi dit . je pense pour ma part que les femmes doivent véritablement se dire qu’elles peuvent être au même niveau que les hommes. elles doivent oubliées ce sentiment d’infériorité, de paresse et avoir plus de vigueur et de poigne,pour vraiment asseoir leur présence dans ce monde de plus en plus compétitif.
J’ai aimé ses écrits en l’honneur des femmes. Nous voyons à travers ces textes la lutte que mènent ces femmes , leur importance dans la vie, ainsi que leur courage. Merci au père Elduro pour ces écrits à l’endroit des femmes.
Selon moi la lutte est loin d’etre gagnée et pour cela il faut vous battre.
je suis vraiment fière d’être parmis ceux qui vous suivre mon vieux merci infiniment 🙏🙏🙏 à vous
*« Nous ne sommes pas des pagnes que l’on offre une fois par an. Nous sommes des flammes que rien ne doit éteindre. »*
Voilà le résumé… Mais combien de Marie Koré compte ce monde d’aujourd’hui ? Nos femmes, mères ou sœurs d’aujourd’hui n’ont pas ce sens de la lutte féminine, la volonté d’obtenir d’elles-mêmes ce dont elles ont besoin, la véritable émancipation. 75% d’entre elles sont séduites par le gain facile.
Les femmes d’aujourd’hui veulent tout sauf la lutte pour leurs droits.
selon moi même quand on doit les aider ou leur donner cette place la , il y’a les religions qui viennent les casser. chez les arabes par exemples , chez les chrétiens aussi elle sont rétrogradé au second plan…et tant que ce coté n’est pas traité il aura une majorité de femme qui seront toujours dans l’ombre
Comme le disait, une femme a son homme, le 8 mars j attend mon poulet,
Et l homme lui répondit, j aurais été satisfait si tu profitai du 8 mars pour essayer de, apporter des solutions pour nos vie de couples, l avenir des enfants et des idées pour notre retraite, au lieu de vouloir un poulet, le 8 mars est la journée des droits de la femme, et non journée de cadeau pour la femme, les cadeaux finissent par disparaître pendant que les actes restent. Le 8 mars ta le droit de vouloir le changement, donné des idées pour l amélioration de nos conditions de vie.
Il ne faut pas exagérer outre mesure le pouvoir silencieux des femmes dans la sphère publique et même politique de nos jours car elles ne sont pas tenues à l’écart .la femme donne la vie et mérite d’être célébrer à cette date après tout ses sacrifices et ses combats menés dans le monde .
Selon vous le 8 mars est une journée de fete pour les femmes ? Elles fêtent quoi au juste selon vous ?
De façon générale la femme n’est pas comparable a l’homme a plus fort parler d’égalité.
Par contre de manière spécifique la femme de par ces qualités positives peux être comparable a l’homme sur des points spécifiques.
Cette reponse est un peu vague. Pouvez-vous etre plus explicite?
Je pense que Bien que des avancées soient observées, la lutte pour le droit des femmes est bien loin d’être terminée car beaucoup d’efforts restent à faire pour atteindre une égalité totale entre les sexes.
Merci à l’auteur, le Colonel DAO pour cette belle plume.
La route est encore longue pour atteindre l’emancipation totale de la femme. Pour cela, elle doivent s’unir et d’une seule voix sans distinction de couleur, se battre pour leurs droits.
Merci Papa Elduro