QUAND L’AMOUR SE MESURE À LA LOYAUTÉ !

 

                                                                                              QUAND L’AMOUR SE MESURE À LA LOYAUTÉ !

 

 

Il est des histoires que l’on raconte non pas pour accuser, mais pour éveiller. Des histoires qui, sous la plume du temps, deviennent des miroirs tendus à nos propres quêtes de vérité. Celle de Kouassi et d’Amoin en fait partie. Une histoire aussi ancienne que le monde, celle de la confiance, de l’amour et de l’épreuve silencieuse de la loyauté.

Kouassi était un homme d’une rare sensibilité, élevé par une mère qui avait appris de la vie que les secrets sont des graines : certains fleurissent en sagesse, d’autres explosent en ruine. Elle lui avait souvent soufflé, comme un vent léger : « Mon fils, ne confie jamais ton secret à une femme, car le cœur d’une femme amoureuse est une mer agitée. » Ces paroles résonnaient en lui comme un avertissement sacré.

Et pourtant, Kouassi aimait. Et lorsqu’un homme aime, il remet parfois ses certitudes aux flammes de la passion. Amoin était cette flamme. Belle, vibrante, entière. Leur amour avait la pureté des premières pluies et l’arrogance du feu. Ensemble, ils bâtissaient des projets, peignaient l’avenir comme un tableau aux couleurs infinies.

Un soir où les étoiles semblaient veiller plus qu’à l’ordinaire, Kouassi prit une décision. Il convoqua Amoin dans leur jardin, sous le manguier témoin de leurs premiers serments. Il tenait dans la paume un œuf soigneusement peint, délicatement posé sur un coussin de velours.

— Amoin, dit-il, ceci est mon secret, mon essence, ma vie. Cet œuf contient ce que je suis. Si jamais il se brise, je mourrai. Je te le confie, parce que je t’aime et que j’ai foi en ton amour.

Amoin, touchée par la solennité du geste, reçut l’œuf comme on reçoit une relique sacrée. Elle promit de veiller sur lui, comme sur l’âme même de Kouassi.

Mais les jours ne sont jamais éternels. Et l’amour, comme le vent, change parfois de direction.

Comme dans tout couple, les épreuves n’épargnèrent pas leur union. Les disputes, souvent nourries de malentendus ou de frustrations silencieuses, firent place à des silences lourds et des regards fuyants. À chaque querelle, Amoin levait la menace :

— Si tu continues, je briserai cet œuf. Tu verras ce qu’il en coûtera de trahir mon cœur.

Kouassi, en silence, notait. Il ne répliquait pas. Il observait. Il souffrait aussi.

Un soir, la rumeur d’une liaison extraconjugale s’insinua dans l’esprit d’Amoin. La jalousie est un poison que le cœur ingère sans s’en rendre compte. Elle crut, sans preuve. Elle sentit, sans certitude. La colère monta, irrépressible.

Dans un geste d’une violence sourde, elle saisit l’œuf, le brandit comme une arme divine, et le fracassa contre le sol.

Le silence qui suivit fut plus lourd que mille cris. Kouassi, pétrifié, la regarda.

— Pourquoi ? murmura-t-il. Pourquoi n’as-tu pas protégé ce que tu croyais être ma vie ?

Elle répondit, dans une voix étranglée par l’émotion :

— Parce que je t’aimais trop pour te partager.

Alors Kouassi s’agenouilla devant les fragments. Il les ramassa un à un, comme s’il ramassait les éclats de son espoir.

— Cet œuf, Amoin, ne contenait rien. Ce n’était qu’un leurre. Un test. Je voulais voir jusqu’où ton amour pouvait me protéger. Hélas, tu as choisi de croire en ta douleur plutôt qu’en moi.

Amoin, le visage blême, recula. Elle comprit. Elle comprit qu’elle avait trahi non pas un secret, mais un symbole. Elle disparut dans la nuit, emportant avec elle les vestiges d’un amour désavoué.

Nelson Mandela disait : « On ne connaît vraiment une personne que lorsqu’on l’a vue dans l’adversité. » Et Friedrich Nietzsche ajoutait : « Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. »

 L’histoire de Kouassi et d’Amoin nous enseigne que la loyauté ne se proclame pas, elle se révèle. Elle ne s’exige pas, elle s’éprouve.

Confier un secret, c’est se mettre à nu. C’est tendre son âme comme une offrande, espérant qu’elle sera accueillie, et non jugée.

Amadou Hampâté Bâ écrivait : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Quand la loyauté s’éteint, c’est un monde entier qui s’effondre, car sans loyauté, l’amour n’est qu’une illusion bien décorée.

Laurent Gounelle, dans l’un de ses livres, note avec justesse : « Ce n’est pas l’autre qui nous trahit. C’est nous qui lui avons accordé un pouvoir sur nous, en croyant qu’il nous devait tout. »

Kouassi avait accordé ce pouvoir. Il avait espéré, comme on espère qu’un rêve ne se dissipe pas à l’aube. Il avait voulu croire que l’amour, le vrai, transcende les soupçons et les tempêtes. Il avait oublié que certains cœurs, même sincères, sont fragiles face à leurs peurs.

Mais il ne regretta rien. Car l’épreuve avait révélé la vérité. Et la vérité, même cruelle, est le seul socle sur lequel bâtir la paix intérieure.

Dans l’atelier du cœur, chaque éclat peut devenir un vitrail, si l’on accepte de le regarder sans haine.

« Quand vous dites quelque chose avec votre cœur, même le silence l’entend », écrivait Paulo Coelho.

Kouassi avait parlé avec son cœur. Il n’avait pas été entendu. Mais il avait appris. Et cela suffisait.

À ceux qui liront cette histoire, sachez que la loyauté ne se mesure pas à l’absence de faute, mais à la force de rester quand tout vacille. À la capacité de protéger l’âme de l’autre comme une flamme fragile dans la tempête. À l’art de croire encore, même lorsque le doute frappe à la porte.

Et peut-être qu’un jour, Amoin reviendra. Peut-être que la honte fera place à la lumière. Peut-être. Mais Kouassi, lui, aura compris : la véritable loyauté ne se teste pas, elle se ressent.

Car ceux qui vous aiment vraiment protègent vos œufs même quand ils doutent de vous. Parce que c’est cela, aimer : veiller sur la fragilité de l’autre, même quand le vôtre saigne en silence.

Et toi, lecteur… à qui confierais-tu ton œuf ?

 Auteur : Colonel Moulaye DAO
Coach en relations amoureuses, en développement personnel, auteur, conférencier, alchimiste des âmes en souffrance. Aide ceux qui croient encore en l’humanité…malgré tout.

 

18 Responses

  1. merci pour ce bel ouvrage mon Colonel. une œuvre qui permet de s’évader et qui enseigne aussi la vie merci infiniment cet héritage Soyez bénis au delà de vos attentes

  2. Après avoir lu ce texte, est ce qu’il en vaut vraiment la peine de confier son oeuf à quelqu’un ,peut être à part sa mère. Mais saurait-elle loyale

  3. moi je confierai le mien a une personne qui est bourré de probité de courage et loyauté mais surtout une personne qui connait la valeur humaine en protégeant le lien entre nous qui est l’amour le vrai .
    (Look de la joie)

  4. vraiment édifiant cette oeuvre de l’esprit en ce sens qu’elle enseigne qu’il ne faut jamais confier son secret a qui que ce soit en dépit de la légendaire confiance qu’on pourrait lui accordé. la perfection n’étant pas de ce monde il faudrait porter seul le fardeau de l’espérance d’une vie épanouie et Allègre. l’expérience de la vie nous a d’ailleurs enseigné que tous les véritables combattants de liberté coloniale ont été démystifié par la perfidie de leurs épouses. tâchons de savoir a qui confier son oeuf …

  5. Belle histoire remplît d’émotion et aussi de leçon de leçon à tirer
    Pour répondre à votre cher question écrivain je dirais qui d’autre que moi pour protéger mon œuf car je suis la seul à connaître sa valeur
    Quelqu’un a dis une fois secret que toi même tu peux pas garder ne pense pas que quelqu’un d’autre pourra le garder aussi une fois que tu le lui auras dit .

    Merci chère colonel pour cette histoire édifiante

  6. Belle histoire pleine d’émotion et de leçon à tirer ,cependant pour répondre à la question chère écrivain je dirais que je suis la mieux placer pour garder mon œuf

    Quelqu’un a dis une fois secret que tu ne peux pas toi même garder c’est pas quelqu’un d’autre qui pourra le faire à ta place
    Merci Colonel pour cette histoire édifiante

  7. à la question je répondrai, »a ma mère  »
    l’amour maternel reste le seul véritable amour.
    Que dieu bénisse nos mamans

  8. Définis comme qualité morale ,la loyauté implique de respecter ses engagements envers son partenaire et surtout de tenir ses promesses.hélas Amoin s’est laissé emporter par la colère.En d’autres termes la loyauté s’est aussi d’être Fidèle à soi même.Kouassi n’a pas minimisé le conseil de sa mère.De nos jours la loyauté se termine lorsque les avantages s’arrêtent.merci pour cette leçon de vie

  9. Voilà pourquoi faut jamais réagir sous la colère est une émotion passagers
    Bravo miracledao pour ce travail bien fait

  10. Un homme du nom de bob se confia à sa femme parlant des grands secrets de sa vie et de sa famille, et même des secrets que lui a confié sa mère, la femme a son tour se confia à sa sœur aînée. En lui expliquant tout ce que son homme lui a dit. Un jour sur la route du marché lors d, un mal entendu, entre bob et sa belle sœur c, elle si raconta tous les secrets qu’il avait confié à son épouse. Bob déçu de sa femme lui laissait un message. Tu ma fait sa, et bob continua son chemin, sans plus remettre les pieds dans la maison. En qui faire confiance ? Sa mère ou à son enfant.

  11. Mon Dieu !combien j’apprends en lisant chaque fois quelques lignes de vous merci El Duro.Moi je confierais mon œuf au bon Dieu

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